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Émeutes après la mort de Nahel : près de 1 000 interpellations pour la 4e nuit

Quatre jours après la mort de Nahel, 17 ans, abattu par un policier pour un refus d'obtempérer à Nanterre, de nombreuses villes se sont à nouveau embrasées dans la nuit du vendredi 30 juin au samedi 1er juillet.
© DR | Quatrième nuit de violence après la mort de Nahel

Des scènes de pillages et de violences sporadiques ont éclaté vendredi soir mais ont été d’une « intensité bien moindre » que les nuits précédentes, à en croire les déclarations du ministre de l’Intérieur. Samedi matin, Gérald Darmanin a annoncé 994 interpellations dans la nuit. Par ailleurs, il a fait état de « 79 policiers et gendarmes blessés », 1 350 véhicules incendiés, 234 bâtiments incendiés ou dégradés et 2 560 incendies sur la voie publique.

Le ministère a recensé en outre 31 attaques de commissariats, 16 attaques de postes de police municipale et 11 de casernes de gendarmerie. Lyon et Marseille sont les deux agglomérations les plus touchées par les violences, a précisé la source policière. À Vaulx-en-Velin, dans la banlieue de Lyon, un émeutier a tiré au fusil en direction des policiers, a précisé cette source.

Parmi les autres faits marquants relevés Place Beauvau, une crèche a été dégradée à Conflans-Sainte-Honorine et un local des Restos du cœur à Chanteloup-les-Vignes (Yvelines). Des bureaux et véhicules d’Enedis ont par ailleurs été brûlés à Nanterre, où est mort Nahel, 17 ans. Une tentative d’intrusion a eu lieu dans les locaux de la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ), situés à Nanterre.

Scènes de violence à Marseille, Lyon, Grenoble et en région parisienne

Afin de tenter d’enrayer la spirale des émeutes, Gérald Darmanin avait annoncé vendredi 30 juin, à l’issue d’un deuxième comité interministériel de crise en deux jours, la mobilisation « exceptionnelle » de 45 000 policiers et gendarmes et unités d’élite comme le GIGN pour éviter une quatrième nuit consécutive d’émeutes, et ce quelques heures avant l’inhumation de Nahel samedi dans le chef-lieu des Hauts-de-Seine. Des dizaines de fourgons de policiers étaient ainsi positionnés non loin de l’entrée du quartier du Vieux-Pont à Nanterre, épicentre des violences urbaines et rythmé vendredi encore par des tirs de mortiers d’artifice.

Dans la soirée, Marseille a été à nouveau le théâtre de heurts et de scènes de pillages, dans le centre-ville puis plus au nord dans ces quartiers populaires longtemps laissés-pour-compte que le président Emmanuel Macron a visités en début de semaine. Vers 2 heures, la police a annoncé 88 interpellations depuis le début de soirée, des groupes de jeunes, souvent masqués et « très mobiles » pillant ou tentant de le faire à plusieurs enseignes. Un important incendie, « lié aux émeutes », selon une source policière, a éclaté dans un supermarché.

Des scènes de pillage de commerces et d’affrontements entre manifestants cagoulés et forces de l’ordre ont également enfiévré la soirée dans certains coins de Grenoble, Saint-Étienne et Lyon alors que dans la région ouest, des points de tension comme à Angers ou Tours et sa région ont aussi été signalés.

La région parisienne n’a pas été épargnée par les flammes notamment Colombes (Hauts-de-Seine) enveloppée d’une forte odeur de brûlé et où les pompiers éteignaient une voiture en feu, a constaté un journaliste de l’AFP sur place. À Nanterre, neuf personnes ont été interpellées, porteuses de jerricans et de cocktails Molotov. À Saint-Denis, un centre administratif a été touché par un incendie, et dans le Val-d’Oise, la mairie de Persan-Beaumont et le poste de police municipale se sont embrasés et ont été en partie détruits.

Manifestations interdites et couvre-feu

Pour éviter des débordements, Gérald Darmanin avait demandé aux préfets l’arrêt des bus et tramways dans toute la France après 21 heures. Le tribunal administratif a de son côté validé vendredi le couvre-feu mis en place à Clamart (Hauts-de-Seine), et de fait ceux instaurés également dans d’autres communes.

Des manifestations « contre le racisme, les crimes et les violences policières » ont également été interdites vendredi soir à Paris, dans le centre de Marseille, Lyon, Bordeaux, ou encore Toulouse. Mais plusieurs centaines de personnes ont malgré tout défilé, notamment à Montpellier, munies de pancartes « Dissolvons la police, combien de Nahel n’ont pas été filmés ? », ont constaté deux journalistes de l’AFP. Le gouvernement a aussi décidé l’annulation d’événements « de grande ampleur », notamment les concerts de Mylène Farmer au Stade de France vendredi et samedi.

La question de l’État d’urgence

Le garde des Sceaux, Éric Dupond-Moretti, a réclamé une réponse pénale « rapide, ferme et systématique » à l’encontre des auteurs de violences urbaines mais aussi de leurs parents. Pointant du doigt la jeunesse de nombreux émeutiers, Emmanuel Macron a appelé « tous les parents à la responsabilité », en critiquant l’« instrumentalisation » de la mort de Nahel et demandant aux réseaux sociaux le « retrait » de contenus et l’identification de leurs utilisateurs.

La question de l’état d’urgence est posée et scrutée à l’étranger, d’autant plus que la France accueille à l’automne la Coupe du monde de rugby, puis les Jeux olympiques à Paris à l’été 2024. La Grande-Bretagne et d’autres pays européens ont mis en garde leurs ressortissants en les pressant d’éviter les zones d’émeutes.

 

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