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En présence de Ihsane El Kadi menotté : Perquisition au siège de Radio M

Des éléments en civil ont mené, ce samedi 24 décembre, une perquisition au siège d’Interface Médias, société éditrice de Maghreb Emergent et Radio M. La perquisition a été menée en présence de Ihsane El Kadi, journaliste et directeur du pôle éditorial de la même société.
© DR | Ihsane El Kadi, directeur des médias Radio M et Maghreb Emergent placé sous mandat de dépôt

Cette perquisition intervient près de 16 heures après l’arrestation de Ihsane El Kadi par des éléments de la direction générale de la sécurité intérieure. En effet, le directeur du pôle éditorial d’Interface Média a, selon le témoignage de sa fille Tinhinane, été interpellé, au niveau de son domicile dans la nuit de vendredi à samedi, par des éléments de la sécurité intérieure.

« Mon père, Ihsane El Kadi, vient d’être interpellé de chez lui par une brigade de la DGSI (sécurité intérieure, NDLR). Six hommes dans deux véhicules sont venus à 00h30 lui demander de les suivre immédiatement à la caserne Antar. Le harcèlement se poursuit », témoigne sa fille Tinhinane dans un post Facebook publié vers 3h00 du matin.

Un article publié sur « Radio M » précise que l’interpellation de Ihsane El Kadi a été opérée au niveau de sa résidence secondaire à Zemouri (Boumerdes) par six éléments en tenue civile, pour être « probablement » conduit au centre principal des opérations (CPO) Antar à Ben Aknoun. Le même média révèle qu’un peu plus de deux heures avant son interpellation, le journaliste avait reçu un appel téléphonique de la part d’un officier de la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), l’invitant à se présenter « immédiatement » au CPO Antar. Notre confrère les a informés que cela n’était pas possible dans l’immédiat, car il se trouvait loin d’Alger. Ce n’est que suite à ce « refus » que « deux véhicules banalisés se sont présentés chez lui à Zemouri et lui ont demandé de les suivre », précise Radio M qui se dit « indigné par ce harcèlement policier » contre le directeur de son pôle éditorial.

Quelques heures avant son interpellation, Interface Médias avait publié sur ses deux sites un communiqué intitulé « Radio M, un enjeu crucial du droit citoyen à l’information, aujourd’hui en péril », dans lequel la société avait dénoncé « la nature hostile à la liberté d’informer et du caractère antiéconomique de la loi (sur l’audiovisuel, NDLR) à venir », « le harcèlement injustifié » et « l’emprisonnement de journalistes et d’actionnaires, des interpellations récurrentes, de multiples poursuites pénales, des restrictions de la liberté de circulation, des enquêtes administratives, etc ».

« Ils ont refusé de nous montrer l’ordre de perquisition »

Ce samedi, vers les coups de 16h00, des éléments en civil ont débarqué au niveau du siège d’interface Médias, sis à la place Audin. Les éléments du corps sécuritaire à l’origine de cette perquisition ont procédé à la saisie de matériel journalistique ainsi qu’à la mise sous scellé du siège d’Interface Medias. « Ils ont ramené Ihsane menotté. Ils ont saisie du matériel journalistique appartenant à la société avant de mettre le siège de la société sous scellé. Nous avons demandé à voir l’ordre de perquisition, mais les éléments de ce corps sécuritaire ont refusé. Ils nous ont affirmé qu’ils avaient bel et bien un ordre de perquisition en bonne et due forme, sans pour autant accepter de nous montrer le document en question », témoigne l’un des journalistes de Radio M, et d’ajouter « on ne sait pas s’il s’agit de la police, de la gendarmerie ou de la sécurité intérieur. Ils étaient tous en civil et on n’a pu accéder à aucun document ».

Pour rappel, suite à une plainte déposée par l’ex-ministre de la Communication Ammar Belhimer, après la publication d’un article sur Radio M, Ihsane El Kadi a été placé sous contrôle judiciaire pendant plusieurs mois, avant d’être jugé et condamné, le 7 juin 2022, à six mois de prison ferme et à une amende de 50 000 dinars. Lors du procès en appel tenu dimanche dernier à la cour d’Alger, le procureur avait requis l’aggravation de la peine contre le journaliste. Le verdict dans cette affaire devrait être rendu ce dimanche 25 décembre 2022.

Le journaliste, qui avait été auditionné le 22 novembre, par la brigade de gendarmerie de Bir Mourad Raïs (Alger) sur les activités de l’agence Interface Médias, est par ailleurs, poursuivi dans une deuxième affaire au niveau du tribunal de Larbaâ Nath Irathen (Tizi-Ouzou) et dans laquelle il est accusé pour appartenance à une organisation terroriste.

Le 17 novembre, le fondateur d’Interface Médias a bénéficié d’un non-lieu dans une troisième affaire dans laquelle il est coaccusé avec militant et activiste Zaki Hannache d’appartenance à un mouvement terroriste.

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