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Sommet d’Alger: le coup de gueule de Karim Tabbou

Loin du vacarme autour de qui, des chefs d’Etats arabes, sera-t-il présent ou absent, au Sommet d’Alger, le militant politique Karim Tabbou a dressé lundi soir à la veille du début des travaux, un tableau sans concession sur l’état des libertés et des droits de l’homme dans les pays membres de la Ligue arabe. Une question qui sera totalement occultée, selon lui, de l’agenda !
© DR | Karim Tabbou, opposant politique

D’emblée, l’ancien prisonnier politique du Hirak s’interroge sur la finalité de la tenue d’un tel sommet lorsque l’on regarde de près ce que pèse la Ligue des Etats arabes dans le monde.

«Un sommet de plus, pour quelle finalité ? Les questions qui relèveront des conflits géopolitiques tels que la guerre en Ukraine et ses conséquences sur la géopolitique mondiale, le conflit qui oppose une partie des pays arabes à l’Iran, l’implication de la Turquie dans certains conflits, notamment en Irak, Syrie et en Libye, et la question du Sahara occidentale ne seront certainement pas abordées », écrit le coordinateur de l’Union démocratique et sociale (UDS), non agréé, dans un tribune sur sa page facebook.

Un sommet de plus

Pour Tabbou, les dirigeants arabes qui se réuniront à Alger, «se suffiront des protocoles et de la langue de bois habituelle». Pire, «pour les besoins politiques internes et qui procèdent de la nature même de cette organisation, les uns exprimeront leur soutien aux autres, les despotes s’assureront du soutien des potentats, les tyrans se féliciteront du consentement des ‘’frimeurs’’ et les dictateurs, enfin, se réjouiront de la reconnaissance des oppresseurs», s’attend-il.

Aussi, de l’avis de Karim Tabbou, il ne faut pas espérer grand choses sur le plan des droits de l’homme ‘’violés’’ dans plusieurs pays membres. Lors de ce sommet, pense-t-il, et comme lors des précédents, «il ne sera nullement question des droits de l’homme, ni des libertés, encore moins du respect des engagements internationaux des membres de cette organisation». Et pour cause, «au fil des décennies, les sommets arabes se sont transformés en tribune où le discours vide le dispute aux slogans démagogiques. Un lieu de rendez-vous où se côtoient frimeurs, hypocrites et gérontocrates dépassés par le temps», assène Tabbou.

Ni droits de l’homme, ni libertés

Estimant qu’une grande partie des dirigeants arabes sont des « serviteurs » de multinationales et d’intérêts étrangers et qui n’auraient pas pu tenir aussi longtemps «sans les richesses naturelles» de leurs pays, l’opposant politique évoque «une mort lente» de leurs règnes. «Le refus têtu de ces régimes de changer de cap politique en refusant à leurs peuples de décider eux-mêmes de leur avenir les entrainera inévitablement à l’échec », dit-il, avant de faire l’analyse de la situation dans plusieurs pays.

De «l’assassinat de trois milles citoyens» en Egypte où le général El Sissi est «assuré du soutien de l’entité sioniste et du consentement de l’occident», à la «remise en cause des acquis démocratiques et des institutions» en Tunisie par un «tyran déguisé» qu’est Kais Saied, passant par les libertés «bafouées» au Maroc par un jeune monarque qui « sévit d’une manière absolue, au nom du sacro-saint statut de ‘’commandeur des croyants’’ » et en s’appuyant sur l’eternel Makhzen, jusqu’en Arabie Saoudite où le prince héritier MBS «fait régner la loi du silence», le constat sans complaisance de Karim Tabbou démontre à quel point ces pays sont devenus de grandes prisons à ciel ouvert pour leurs peuples.

Egypte, Maroc, Arabie Saoudite, Algérie…: l’autopsie de Tabbou

Pour l’Algérie, pays organisateur du Sommet, l’opposant politique n’en fait pas non plus dans la langue de bois. «(…) la violence d’Etat tient lieu de mode de gouvernance», dénonce-t-il, regrettant que ce riche pays soit transformé «en un grand enclot d’interdictions et de privations». Accusant le pouvoir en place «en déficit de légitimité», de «liberticide et incompétent», Tabbou avance comme preuves les «centaines de détenus d’opinions (qui) croupissent dans les prisons, les libertés publiques bafouées, l’activité politique criminalisée, une presse muselée», au moment où des millions n’ont, selon lui, qu’un seul espoir : «fuir le pays, devenu à leurs yeux, une caserne à ciel ouvert».

Pour ce qui est de la question palestinienne, placée dans le discours officiel au cœur de l’agenda du Sommet, l’ancien premier secrétaire national du FFS n’y croit pas vraiment. De son point de vue, les divergences entre pays arabes se sont «accentuées» avec le processus de normalisation avec l’entité sioniste. «Une nouvelle approche qui fait perdre progressivement à la Palestine sa centralité dans les enjeux géostratégiques», regrette-t-il.

Question palestinienne: un objet de «marchandage» !

«Au lieu de faire preuve de courage politique pour exiger que l’on mette définitivement fin à ce déni et à cette violation flagrante du droit international, les Chefs d’Etats arabes, préoccupés par leurs petites affaires (…) se réunissent de sommet en sommet pour tenter de rattraper un honneur perdu une question (« palestinienne ») devenue objet de marchandages et d’arrangements tous-terrains pour les uns et un registre de commerce et source de légitimation politique pour les autres», assène-t-il encore.

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